SANTE ET ENVIRONNEMENT

Protéger l’environnement est une priorité. La médecine et la pharmacie sont nées de la nature, de l’observation des animaux et des plantes utilisées.

L’axe « Santé et Environnement » a pour but de sensibiliser les populations à la protection de leur entourage.

La gestion des déchets pharmaceutiques est un problème majeur dans les pays en voie de développement et en cas de situation d’urgence. Il est important d’apprendre comment les stocker et les détruire pour limiter les risques de contamination du milieu extérieur (air, sol, eau) ; mais aussi pour lutter contre les circuits de vente illicite.

La deuxième partie de cet axe est tournée vers les médecines traditionnelles, sources de savoirs ancestraux. L’étude des plantes et leur place en médecine sera abordée après le rappel des notions et définitions de base (ethnomédecine, ethnopharmacologie, pharmacopée traditionnelle…). Ces missions permettent d’échanger avec les tradipraticiens en fusionnant nos connaissances pour améliorer les systèmes de soins et les traitements.

Découvrez ci-dessous nos dernières missions liées à la santé et l'environnement

Évaluation de l’état de la pharmacopée traditionnelle et de l’utilisation des plantes médicinales au Cambodge

2015/2016

 

Contexte

Le Cambodge, pays en plein développement, ne permet pas encore à toute sa population d’avoir un accès aux soins rapide et de qualité : certaines pathologies endémiques mais curables connaissent encore des taux de mortalité élevée, et d’autres tropicales tel que le paludisme voient naitre des résistances aux traitements et insecticides actuellement utilisés.

Les chercheurs, de même que la population, se tournent donc vers la médecine traditionnelle qui constitue un éventail plus large de traitements grâce à une importante diversité de plantes.

 

PAH Les pharmaciens humanitaires, sollicité par et en partenariat avec l’Institut Royal de Médecine Traditionnelle Cambodgienne (IRMTC), s’est rendu sur place par l’intermédiaire d’une chargée de mission. Cette première mission, d’une durée de 5 mois, avait pour but de prendre contact avec les différents acteurs engagés dans la médecine traditionnelle.

 

Objectif

Dresser un état des lieux de l’utilisation de la médecine traditionnelle et des plantes médicinales au Cambodge

Activités réalisées

  • Rencontrer les tradipraticiens et leurs patients afin d’en apprendre davantage sur la médecine traditionnelle et l’utilisation des plantes médicinales

  • Définir le circuit des remèdes (cueillette des plantes ou parties de plantes, séchage, entreposage, transformation en produits galéniques, dispensation)

  • Rencontrer les autorités compétentes en médecine traditionnelle pour connaitre les projets déjà mis en place (Centre National de Médecine Traditionnelle (CNMT), Ministère de la Santé, Faculté de Pharmacie…)

  • Rencontrer les ONG ayant déjà travaillé sur ce sujet. Recenser les projets réalisés ou en cours. Obtenir un retour d’expérience afin d’éviter les causes d’échec et identifier les pistes d’amélioration.

  • Etablir une bibliographie concernant la flore cambodgienne

Conclusions et perspectives

A l’issu de cette mission, les résultats montrent que la médecine traditionnelle est toujours utilisée dans le pays, et qu’elle y est encouragée. Le CNMT en collaboration avec le Ministère de la Santé, apporte aux guérisseurs une formation qui leur permet de compléter leurs connaissances.

 

En amont de cela, les perspectives à court terme seront donc 1) de définir une liste de plantes principales et leurs utilisations, ainsi qu’une liste des pathologies les plus courantes et les plantes utilisées pour les traiter, 2) de sélectionner des villages pilotes pour y implanter des jardins botaniques ; faciliter l’accès aux plantes traitant les pathologies les plus courantes et dont les propriétés pharmacologiques sont déjà démontrées.

L’IRMTC a pour but, à long terme, de développer des jardins de plantes médicinales et un laboratoire. La préparation de médicaments à base de plantes, à faible coût, bénéficierait à la population cambodgienne, principalement en zone rurale soit 12,3 millions d’habitants (dont 2,6 millions vivant sous le seuil de pauvreté). De plus, du personnel sera formé : techniciens de laboratoire, botanistes, techniciens galénistes, chercheurs, étudiants… Cela permettrait également de protéger la biodiversité cambodgienne en sensibilisant la population à l’utilité de la flore pour la santé.

Mission Exploratoire « Eau et Santé Publique » dans le département du Loreto, en Amazonie péruvienne

2014/2015

Contexte

Le département du Loreto, situé dans le Nord Est du Pérou, en plein cœur de l’Amazonie péruvienne, est le plus grand département du pays mais aussi un des plus pauvres avec un IDH de 0,3997 (PNUD, 2013). C’est une des régions qui dispose du moins de personnel de santé par habitant et occupe la deuxième place des départements du Pérou en termes de mortalité infantile.

Depuis 2010, l’ONG de développement franco-péruvienne Latitud Sur organise des brigades médicales apportant des soins médicaux dans 25 communautés situées sur les fleuves Maranon, Choroyacu et Nahuapa, appartenant  à la juridiction des postes de santé de Miraflores et de Palizada du département du Loreto. Il a ainsi été identifié que la grande majorité des maladies rencontrées est liée à la consommation de l’eau du fleuve polluée – pollution d’origines fécale et pétrolière, et aux mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement (diarrhées, parasitoses intestinales, infections de la peau, etc).

Le gouvernement péruvien met actuellement en place un plan d’accès à l’eau potable et à l’assainissement (PNSR : Plan Nacional de Saneamiento Rural) dans les communautés de plus de 200 habitants d’Amazonie rurale.

En 2014, l’ONG Latitud Sur s’est associée à l’ONG PAH pour réaliser une mission exploratoire sur les thèmes de l’accès à l’eau potable, de l’assainissement et de l’accès aux soins de santé au niveau communautaire.

Objectif de la mission exploratoire

Evaluer le système de santé au niveau communautaire dans la juridiction des postes de santé de Miraflores et de Palizada. Dans le cadre de la coopération entre les deux ONG, Latitud Sur a coordonné l’organisation générale du projet en apportant sa connaissance du terrain et PAH a fourni son expérience concernant la formation de personnel de santé et la gestion pharmaceutique

Bénéficiaires

Les communautés de moins de 200 habitants et celles étant les plus éloignées d’un poste de santé. Le projet proposé cible plus particulièrement les six communauté du fleuve Nahuapa qui est une zone endémique pour le paludisme (P. Vivax et P. Falciparum)

Activités mises en place

  • Rencontre des principaux acteurs de santé locaux (santé communautaire et santé environnementale)

  • Participation à la brigade médicale de Latitud Sur

  • Suivi du fonctionnement du poste de santé de Miraflores

  • Visite des 25 communautés des juridictions des postes de santé de Palizada et Miraflores et rencontre des promoteurs de santé

  • Réalisation de diagnostics participatifs des besoins en terme de santé avec la population de chaque communauté du Nahua

Résultats

La mission exploratoire a mis en exergue la nécessité de poursuivre la coopération entre Latitud Sur et PAH afin de mettre en place des activités ayant pour objectifs de :

1. Prévenir la contamination de la population par les maladies liées à la consommation d’eau polluée et aux mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement via :

  • La mise en place d’un projet pilote de construction de systèmes familiaux de collecte d’eau de pluie dans la communauté d’Esparta

  • La sensibilisation des populations à ces thématiques

  • La construction de systèmes pour se laver les mains sans eau courante dans les 9 communautés du Nahuapa et du Choroyac

2. Renforcer le système de santé au niveau communautaire via :

  • La formation des promoteurs de santé des 25 communautés

  • La mise en place de pharmacies communautaires dans les 9 communautés du Nahuapa et du Choroyac

Les bénéficiaires de ce projet seraient :

  • Le personnel de santé communautaire : 85 bénéficiaires des 25 communautés ciblées

  • La population locale : 4000 habitants des 25 communautés de la juridiction des postes de santé de Miraflores et de Palizada et 130 habitants de la communauté d’Esparta

 

Projet de collecte, tri et stockage des déchets pharmaceutiques (DP) en Haïti

2012 à 2014

 

Contexte

L’accumulation de déchets pharmaceutiques (DP) sur tout un territoire peut engendrer de nombreuses conséquences sur l’environnement (eau, sol, agriculture, faune, flore) et sur la santé publique via par exemple l’eau de boisson, les intoxications suite à la non sécurisation des DP ou leur élimination inappropriée.

En Haïti, lors de cette dernière décennie, le volume de DP dans l’ensemble du pays n’a cessé d’augmenter. Suite à l’accroissement des besoins médicaux dus aux catastrophes (cyclones en 2008, séisme en 2010, choléra en 2010/2011) et à l’envoi de dons internationaux de médicaments impropres à la consommation, le système pharmaceutique et sa logistique, déjà affaiblis, continuent d’être asphyxiés par l’ampleur du phénomène, engendrant une très grosse quantité de DP.

Le pays ne dispose pas d’incinérateur adapté à la destruction des produits pharmaceutiques, ni d’espace alloué pour les DP. Ceux ci continuent d’être conservés dans des dépôts annexes et paralysent parfois le fonctionnement des structures sanitaires qui sont saturées en DP. Plusieurs institutions ont également adopté des modes de destruction alternatifs sans respecter les protocoles minimums de sécurité et d’élimination, polluant l’environnement et intoxicant la population proche.

Ce projet répond ainsi aux besoins exprimés par le MSPP (Ministère de la Santé Publique et des Population) et vient en appui à deux de ses entités : la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM/MT) et la Direction de Promotion de la Santé et de la Protection de l’Environnement (DPSPE).

Le projet a eu lieu en deux phases via deux financements différents:

– juillet 2012 – février 2013 : financement de l’ambassade de France (cible 23 IS)

– juillet 2013 – janvier 2014 : financement de PFSCM (cible 80 IS)

Objectif global : Empêcher toutes incidences néfastes des DP sur la santé des populations haïtiennes et l’environnement et préparer la mise en place d’un système national de gestion des DP

Objectifs spécifiques : 

1. Inventorier, trier et garantir un stockage sécurisé des DP collectés dans les institutions sanitaires ciblés par le projet afin de prévenir toute élimination inappropriée de ces déchets, et la consommation ou le recyclage de ces DP sur les marchés illégaux et parallèles

2. Identifier des méthodes de gestion et d’élimination des DP en Haïti à la fois efficaces, économiques, et respectueuses de l’environnement

Bénéficiaires directs : les 103 institutions sanitaires ciblées

Bénéficiaires indirects : l’ensemble de la population d’Haïti soit 10.360.866 personnes

Activités 

  • Tri des DP selon les procédures en vigueur (dangerosité du principe actif, forme galénique, type de conditionnement primaire)

  • Inventaire des produits collectés au sein de chaque institution

  • Transport et rapatriement des DP collectés à Port-au-Prince pour les stocker sur un site sécurisé dans des conteneurs de 20 pieds, hermétiques et surélevés, afin d’empêcher toute utilisation détournée ou élimination inappropriée des déchets

  • Identification et proposition de méthodes de gestion et d’élimination des DP aux autorités sanitaires nationales

 

Résultats

  • Les DP ont collectés dans 123 institutions (43 + 80), soient 20 IS supplémentaires que ce que prévoyait le projet initial

  • 94 tonnes de DP ont été collectées, représentant un volume de 270 mètres cubes

  • 38 tonnes sont des DP considérés hautement dangereux et nécessitent une destruction à haute température

  • 23 tonnes sont des DP non dangereux et peuvent être éliminés dans un cours d’eau rapide

NOS AUTRES AXES D'INTERVENTION

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SÉCURITÉ DES SOINS

 

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